Espèce en vedette : Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis)
Ce blogue invité fait partie d’une série d’articles rédigés par des étudiant·es de l’Université Mount Allison, dans le cadre d’un partenariat entre Nature NB et le cours « Applied Native Plants and Pollinator Conservation » (Plantes indigènes appliquées et conservation des pollinisateurs). Merci à la Dr. Emily Austen et aux étudiants pour cette collaboration continue!
Par Zoé Rush

Ancolie du Canada par Dan Vickers (2008) iNaturalist CC-BY / Addition de l’étiquette
Au printemps, lorsque vous commencez à réfléchir à ce que vous allez planter dans votre jardin, pensez à intégrer des plantes indigènes. Aquilegia canadensis, plus communément appelée ancolie du Canada, est une plante à fleurs originaire du Nouveau-Brunswick. En plus d’être une plante indigène, elle possède diverses caractéristiques qui en font un excellent ajout à votre cour.
Ces ancolies rouges sont principalement pollinisées par les colibris et les bourdons, ce qui a considérablement influencé leur apparence [3]. Les espèces d’ancolies nord-américaines diffèrent considérablement de celles d’Europe, ce qui permet de déterminer facilement si elles sont indigènes ou non. Comme il n’y a pas de colibris et peu de sphinx en Europe, la longueur de l’éperon nectarifère des ancolies d’Amérique du Nord a évolué pour devenir plus longue en raison de la présence de ces pollinisateurs [1]. L’éperon nectarifère, visible sur la photo de gauche, est l’endroit où le nectar est produit et stocké.
Si vous souhaitez identifier cette espèce parmi les autres ancolies d’Amérique du Nord, elles possèdent un identifiant unique qui permet de les différencier facilement. Contrairement aux autres espèces, l’ancolie du Canada a des fleurs qui sont tournées vers le bas plutôt que vers le haut [2].
Cette espèce de plante se trouve le plus souvent dans les zones rocheuses et les zones boisées plus sèches de l’est et du centre de l’Amérique du Nord [4]. Ses cinq pétales extérieurs rouge vif et ses extrémités jaunes se distinguent de leur environnement et apportent une touche de couleur [3]. C’est une plante vivace qui fleurit à la fin du printemps. Les ancolies du Canada ont plus de chances de se ressemer à partir des fleurs au début de la saison de floraison, car c’est à ce moment-là que les graines sont les plus viables. Cela peut s’expliquer par des facteurs tels que l’humidité du sol et la luminosité, qui diminuent généralement au fur et à mesure que l’été avance [5,6].
Une caractéristique intéressante de l’ancolie du Canada est qu’elle s’autopollinise souvent. Dans les populations sauvages, on a constaté que les ancolies rouges recouraient à l’autopollinisation dans jusqu’à 76 % de leur production de graines. Cela est inhabituel pour la plupart des plantes à fleurs, mais cette espèce parvient à conserver des caractéristiques que la plupart perdraient en raison de l’autopollinisation, ce qui lui permet de continuer à prospérer [6].
Ces plantes seraient un excellent ajout à tout jardin, avec leurs jolies fleurs rouges et leur capacité à attirer les colibris. Les graines d’ancolie du Canada peuvent être achetées en ligne auprès de divers sites, notamment West Coast Seeds, Annapolis Seeds et Northern Wildflowers. De plus, si vous en trouvez une dans la nature, n’hésitez pas à la signaler sur iNaturalist. Votre observation sera alors ajoutée au projet sur les plantes indigènes de Nature NB, qui recueille des identifications afin de mieux comprendre la biodiversité des plantes indigènes du Nouveau-Brunswick.

Références:
[1] Macior, L. W. (1966). Foraging Behavior of Bombus (Hymenoptera: Apidae) in Relation to Aquilegia Pollination. American Journal of Botany, 53(3), 302–309. https://doi.org/10.1002/j.1537-2197.1966.tb07340.x
[2] Whittall, J. B., & Hodges, S. A. (2007). Pollinator shifts drive increasingly long nectar spurs in columbine flowers. Nature, 447(7145), 706–709. https://doi.org/10.1038/nature05857
[3] Payson, E. (1918). THE NORTH AMERICAN SPECIES OF AQUILEGIA. Contributions from the United States National Herbarium, 20(4). https://www.jstor.org/stable/pdf/23492230.pdf
[4] Herlihy, C. R., & Eckert, C. G. (2005). Evolution of self-fertilization at geographical range margins? A comparison of demographic, floral, and mating system variables in central vs. peripheral populations of Aquilegia canadensis (Ranunculaceae). American Journal of Botany, 92(4), 744–751. https://doi.org/10.3732/ajb.92.4.744
[5] Kliber, A., & Eckert, C. G. (2004). Sequential decline in allocation among flowers within inflorescences: proximate mechanisms and adaptive significance. Ecology, 85(6), 1675–1687. https://doi.org/10.1890/03-0477
[6] Eckert, C. G., & Herlihy, C. R. (2004). Using a cost-benefit approach to understand the evolution of self-fertilization in plants: the perplexing case of Aquilegia canadensis (Ranunculaceae). Plant Species Biology, 19(3), 159–173. https://doi.org/10.1111/j.1442-1984.2004.00112.x




