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Le Recensement des oiseaux de Noël 2022 au Nouveau-Brunswick

Quarante-neuf cercles de comptage. 1 000 observateurs. 1 550 heures d’observations. Plus de 15 000 km parcourus dont près de 850 à pied. Résultat : 136 194 oiseaux de 140 espèces. En plus d’une espèce supplémentaire trouvée pendant la Semaine de comptage et cinq autres espèces trouvées pendant la Période de comptage.  Total : 146 espèces.

C’est la 75e année que les Néo-Brunswickois participent au Recensement des oiseaux de Noël (ou RON) depuis ses débuts en 1900.  Une autre statistique : avec 594 recensements au Canada cette année, les 49 dénombrements du Nouveau-Brunswick étaient les troisièmes plus importants de toutes les provinces, derrière l’Ontario et la Colombie-Britannique.  Ce n’est pas mal pour une petite province et c’est peut-être la couverture la plus complète des régions terrestres et côtières d’une province.

En ce qui concerne les oiseaux, je laisserai aux chercheurs (voir les derniers paragraphes) le soin d’identifier les différences avec les autres années ou les tendances dans la distribution géographique des espèces, mais quelques éléments ont attiré mon attention.

  • La moitié des oiseaux appartiennent à cinq espèces seulement : l’étourneau sansonnet, le goéland argenté, la mésange à tête noire, la corneille d’Amérique et le pigeon biset.
  • Deux espèces ont été observées à chaque comptage : le corbeau et la mésange.
  • Huit espèces ont été observées pour la première fois depuis au moins 10 ou 12 ans que je participe au comptage. Une seule Érismature rousse à Sackville et à Riverside-Albert. Un labbe de Pomérine à Shediac (une espèce de labbe non identifiée a été observée il y a quelques années au cap Tormentine). Deux Pluviers kildirs à Memramcook. Une grande aigrette à Sackville. Deux bihoreaux gris à Grand Manan.  Un Tohi à queue verte du sud-ouest des États-Unis a choisi Sackville pour sa toute première apparition dans le cadre d’un dénombrement d’oiseaux de Noël au Canada. Et lors du comptage d’Eastport, Maine, qui inclut Deer Island et Campobello, une Paruline des prés et un Bruant nonpareil.
  • Le Grand pic, toujours impressionnant, semble bien se porter. Il y en avait 110 sur 30 comptages, avec trois comptages atteignant deux chiffres – Cambridge Narrows (10), Woodstock (14) et Quispamsis-Hampton (15).
  • Jacquet River a rapporté que 6 des 15 garrots observés étaient des hybrides d’Islande / à oeil d’or. L’hybridation entre ces deux espèces fait l’objet d’une plus grande attention ces derniers temps.  D’excellentes photographies ont été prises et aident à explorer ce sujet.
  • Les pygargues à tête blanche ont été signalés dans un plus grand nombre de comptages que je ne l’aurais espéré. Il y a eu 695 aigles sur 42 des 49 comptages.
  • Les Mésanges à tête brunes étaient très rares, seulement 20 ayant été observées dans toute la province. Il y a 50 ans, en 1972, on en comptait 11 à Saint John et 25 à Fredericton ; plusieurs dénombrements en comptaient dix.  Il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’obtenir des réponses rapides et précises à des questions comme celle du déclin des mésanges à tête brune (voir également les derniers paragraphes).
  • La mésange bicolore gagne rapidement du terrain sur celles à tête brunes. Elle est assez régulière le long de notre frontière avec le Maine et a été observée plus à l’est également.  Cette année, on en a trouvé une à Hartland pendant la semaine de dénombrement et une à Fredericton, à Saint Andrews et à Saint Stephen pendant leur journée de dénombrement. Eastport a rapporté 12 oiseaux pour un total de 16 plus 1 CW.
  • L’autre habitant de nos forêts à l’année longue que les gens espèrent souvent voir, le mésangeai du Canada, était plus abondant et plus répandu.  Un total de 86 a été observé sur 24 comptages. 
  • Les absences sont également notables : aucun tétras du Canada, aucun bécasseau violet, aucun guillemot, aucun macareux et aucune paruline à croupion jaune.

Rod O’Connell photographed Karl Branch searching hard for Canada Jays as they covered the Southeast Upsalquitch area.

Les données du Recensement des oiseaux de Noël du Nouveau-Brunswick sont peut-être l’un des ensembles de données environnementales les plus précieux de la province.  Elles sont continues sur plus de 60 ans (avec certaines données des 60 années précédentes) et couvrent la province depuis les forêts profondes jusqu’aux zones urbaines et le long de nos trois côtes.  Il n’existe probablement aucun autre ensemble de données environnementales qui couvre aussi longtemps et à l’échelle de la province ce qui se passe à l’extérieur pendant la période la plus froide et la plus sombre de l’année. Il se passe, en fait, beaucoup de choses.

Depuis quelques années, les résultats de chacun des 2 300 RON du Nouveau-Brunswick sont disponibles sur le site Web de Nature NB à l’adresse https://www.naturenb.ca/publications-2/recensements-des-oiseaux-de-noel-nb/?lang=fr  . On a récemment découvert que, grâce à l’utilisation précoce de l’ordinateur par David Christie, toutes les données sont également disponibles en format électronique. Les questions sur la Mésange à tête brune, les déplacements des ” roselins du Nord ” ou les progrès et les déclins d’autres espèces devraient maintenant être beaucoup plus faciles à résoudre. Un projet visant à intégrer les deux principaux formats de données et à rendre les données “consultables” est en cours. Si vous êtes intéressé.e ou si vous avez des compétences en matière de bases de données, n’hésitez pas à nous contacter.

Enfin, chaque année, il y a des changements parmi les compilateurs du Nouveau-Brunswick, ce qui est normal dans une activité qui dure depuis plus d’un siècle.  Cette année, cependant, un compilateur qui m’a beaucoup aidé au cours des dernières années a quitté le Recensement. Roger Leblanc m’a non seulement encouragé à retrouver et à rendre disponibles toutes les données de la CBC de la province, mais il m’a aussi aidé à retrouver d’anciennes données manquantes et s’est assuré que les compteurs actuels finalisent et soumettent leurs données. Roger a compilé deux comptages, mais il a participé à plusieurs autres. J’envoyais des courriels à Roger en anglais et il me répondait en français. Ça marchait. Salut, Roger ! Tu me manques.

Donald MacPhail
Décembre 2023

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